LE  SURPOIDS HORS-SAISON
Durant la période "hors-saison" (désignant les mois opposés à la période Sèche-Compétition) il est indispensable d’avoir un régime alimentaire très riche en macronutriments, et donc hautement calorique. Le développement musculaire nécessite une forte biodisponibilité en aminoacides, notamment pour la synthèse des protéines musculaires et hormonales, mais il nécessite aussi beaucoup de glucide afin de constituer d’abondantes réserves d’eau et de glucose via le glycogène, et afin d’assouvir le métabolisme énergétique du myocyte (thermogénèse, énergie mécanique, protéolyse et protéosynthèse…). Enfin, la biodisponibilité lipidique devra elle aussi s'avérer suffisante, afin notamment d'assurer le développement et la bonne activité des membranes musculaires.

Mais bien qu'un muscle hydriquement et nutritivement gorgé se retrouve dans un environnement favorable à l’activité et au développement de ses myofibrilles (moins d’inflammations générées, et protéosynthèse myofibrillaire plus réactive), ce n’est cependant pas une raison pour faire exploser la balance durant la période hors-saison ! Aillez bien à l’esprit que plus vous accumulez de gras lors de votre prise de masse-volume, plus longue et difficile sera la sèche ! Pour savoir quelle limite se fixer, voici la règle de calcul à suivre :

1 - Chiffrez le poids de corps sec que vous souhaitez afficher au terme de votre saison.
2 - Puis multipliez ce chiffre par 110 % : les 10 % supplémentaire correspondent à la marge de graisse, d’eau, et de glycogène, nécessaire à une bonne Surcompensation.
Ex, pour un culturiste pesant 77 kg sec, et souhaitant afficher 80 Kg sec au terme de sa nouvelle saison (donc 3 kg de masse maigre en plus) : 80 x 1,10 = 88 Kg, soit une montée de 11 kg en hors-saison, avant une sèche de 8 kg
Ex, pour un culturiste pesant 95 kg sec, et souhaitant afficher 100 Kg sec au terme de sa nouvelle saison (donc 5 kg de masse maigre en plus) : 100 x 1,1 = 110 Kg, soit une montée de 15 kg en hors-saison, avant une sèche de 10 kg
Cette règle ne vaut que si la diététique appliquée en hors-saison reste relativement propre. Il est en effet important d’atteindre le haut de sa marge sans que le poids acquis ne soit dû à trop plein de réserve adipeuse et hydrique. Cela peut vous paraître évidant, mais pourtant bon nombre de culturiste font l’erreur d’appliquer des diètes trop sales durant leur prise de masse-volume. Le moment venu de sécher, ils se rendent compte que le poids acquis ne fût pas de bonne qualité, et au terme de leur sèche ils se retrouvent quasiment à leur poids de début de saison !
Je déconseille d'aller au-delà des 10-12 % de marge 
- D’abords pour éviter une sèche trop galère et difficile à vivre : un régime trop long et trop privatif peut être psychologiquement trop lourd à supporter.

- Sur le plan physiologique, il sera bien plus difficile lors de la sèche de conserver une homéostasie hormonale si le régime est trop drastique, avec pour conséquence : davantage d’hormones catabolisantes sécrétées, donc une fonte du tissu musculaire plus prononcée qu’avec un régime moins hypoglycémiant.

- Ensuite, sachez qu’une biodisponibilité nutritive overdosée s’avère inutile. A partir du moment où les muscles ont suffisamment de quoi assurer leur anabolisme, le trop plein nutritif ira alimenter le tissu adipeux.

Lecture Conseillée
- Plus on accroît sa masse adipeuse, plus l'anabolisme hormonal perd en efficacité, ce qui inhibe la construction musculaire. D’une part parce que le tissu adipeux accapare une partie importante de l’insuline circulant dans le sang, et d'autre part parce qu’il synthétise de l’aromatase, une enzyme accaparant une partie de la testostérone plasmatique pour la transformer en œstrogènes (hormones favorisant fortement le stockage adipeux, et inhibant la production de testostérone par une diminution de LH hypophysaire). En résumé, plus vous avez de masse adipeuse, moins vous aurez d’insuline et de testostérone disponibles pour vos muscles, et pour couronner le tout, votre production accrue d’œstrogènes favorisera davantage encore votre engraissement.
Edition spéciale de "Musclemag" (reprise par "Bodyfitness") parue en 1997 pour les 50 ans d’A. Schwarzenegger. Une vraie pépite ! Près de 200 pages consacrées à une description détaillée faite par Arnold lui-même sur ses méthodes et astuces d’entrainement.
- Dernier inconvénient, et non des moindres : le risque, en partie irréversible, de développer un abdomen proéminant ! Bien que les adipocytes (cellules stockant la graisse) se situent en majorité dans les régions sous-cutanées, une part non négligeable d’entre eux se situe également entre les organes de la région abdominale (foie, intestins, pancréas…). Mis à part les raisons liées au dopage, l’abdomen proéminant d’un culturiste (malgré des abdos saillants) peut être le fruit d’une diète alimentaire trop grasse et trop chargée durant la période hors-saison. En effet, plus l’organisme est inondé d’acides gras ou de glucides à IG élevé, plus les adipocytes vont capter ces nutriments et les stocker sous forme de triglycérides. Quand les adipocytes d’une zone corporelle sont pleins, il se produit dans leur environnement un réveil, puis une maturation irréversible de cellules adipocytaires dormantes, appelées "pré-adipocytes". Venant ainsi renforcer le volume tissulaire adipeux déjà pré-existant, ces nouveaux adipocytes se développent chez l’homme encore plus rapidement dans la région viscérale que dans les régions sous-cutanées (c’est l’inverse pour les femmes).
Sachez que même vidées, les cellules adipocytaires nouvellement crées ne disparaitront jamais (cette maturation étant irréversible), leur tissu constituera donc à lui seul un certain volume. Plus une zone du corps possède d’adipocytes, mêmes vides, plus cette zone sera bio-anatomiquement propice au stockage adipeux en présence d’un trop plein de nutriments dans le sang.
Bien que les triglycérides de la région viscérale soient plus faciles déstocker que ceux de la région sous-cutanée (car les adipocytes viscéraux sont peu sensibles à l’insuline, possèdent plus de récepteurs aux catécholamines, et sont très irrigués), leur masse peut en revanche s’avérer conséquente, ce qui allonge considérablement la durée d’un régime.