LA SUPPLEMENTATION EN CATALYSEURS ANABOLIQUES
Se supplémenter en catalyseurs anaboliques n’est pas une fin en soi. Si votre alimentation est suffisamment riche et équilibrée en macronutriments, ainsi qu’en vitamines et minéraux, elle vous apportera largement de quoi assurer les processus anaboliques nécessaires au développement musculaire. Néanmoins, bien que les catalyseurs anaboliques peuvent être considérés comme des "petits plus", leur utilisation peut pourtant s’avérer forte intéressante car ils permettent d’obtenir une récupération musculaire plus rapide. Ainsi l’athlète sera moins sujet au surentraînement et aux phases de stagnation.

Les catalyseurs anaboliques naturels sont pour la plupart à base d’extrait de plantes ou à base d’acides aminés. Pour l’essentiel, ils favorisent l’environnement anabolique en stimulant la synthèse hormonale, ou en stimulant les mécanismes de protéosynthèse tout en freinant la protéolyse. Parmi les innombrables suppléments existants sur le marché, voici les plus courants : Les BCAA (acides aminés branchés), l’Acétyl-L-Carnitine (ALC), la citrulline, la L-arginine, la L-glutamine, la créatine, le GABA (acide gamma amino-butyrique), le HMB (ß-hydroxy-ß-méthylbutyrate), le saw palmetto, le tribulus terrestris, la maca, le coleus forskohlii, et le fenugrec.

Inutile de vous le cacher, certains d’entre eux sont loin d’avoir les formidables effets anaboliques tant vantés par leurs commerciaux. C’est par exemple le cas du tribulus terrestris, qui en réalité ne booste en rien la production de testostérone, et peut même la faire diminuer : en effet, l’absorption de tribulus multiplie au niveau du cerveau les faux signaux du taux sérique en testostérone, et cela engendre une auto-régulation négative de la part de l’hypophyse ordonnant alors aux testicules de diminuer leur synthèse de testostérone.

Prenons un autre exemple, le HMB. Soyons honnête, il ne s’agit en rien d’un produit miracle, contrairement à ce que les vendeurs de suppléments veulent nous faire croire ! En réalité, les quelques effets bénéfiques que le HMB procure viennent principalement de sa haute teneur en un métabolite produit à partir de la Leucine. Mais la Leucine est un acide aminé branché que l’on retrouve dans l’alimentation, et le cas échant dans une supplémentation en BCAA. Prendre du HMB n’est donc en rien nécessaire.

L’oxyde Nitrique (NO) figure aussi sur la liste des "fameux produits" censés décupler votre croissance musculaire. Mais la vasodilatation engendrée par le NO n’a scientifiquement pas apportée ses preuves quand à un réel intérêt sur l’anabolisme musculaire, car la dilatation des veines et des capillaires en temps normal s’avère tout simplement déjà amplement suffisante pour apporter adéquatement de l’oxygène et des nutriments aux muscles en phase de récupération. Par ailleurs, le corps produit lui-même son NO, et un surplus d’oxyde nitrique dans l’organisme (via une supplémentation) peut engendrer des problèmes de santé plus ou moins graves.

Pour faire croire aux effets stimulants de certains de leurs produits, les fabricants n’hésitent pas à rajouter de la caféine dans leurs préparations. Ainsi, certains athlètes témoignent ici et là que tel ou tel supplément leur donne une pêche d’enfer à l’entrainement, alors qu’en réalité c’est la caféine qui en est la cause.

Mais si bon nombres de suppléments alimentaires s’avèrent plus inutiles qu’autre chose, il y en a certains en revanche qui méritent une réelle attention. Ci-dessous vous trouverez deux articles abordant en détails les intérêts d’une supplémentation en BCAA, et en Glutamine :

Lecture Conseillée
Edition spéciale de "Musclemag" (reprise par "Bodyfitness") parue en 1997 pour les 50 ans d’A. Schwarzenegger. Une vraie pépite ! Près de 200 pages consacrées à une description détaillée faite par Arnold lui-même sur ses méthodes et astuces d’entrainement.
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Le cas de la Créatine
Stockée à 95 % dans nos muscles, la créatine sert à alimenter le renouvèlement intramusculaire de phosphocréatine (PCr), cette dernière servant à son tour à fournir l’énergie nécessaire aux premières secondes d’un effort. Sachant qu’en moyenne un organisme contient 1,7 gr de créatine par kilo de poids de corps, et que notre alimentation quotidienne ne nous apporte en moyenne qu’1,5 gr de créatine, il est aisé de comprendre que l’essentielle de notre créatine est endogènement synthétisée par l’organisme. Pour être plus précis, l’endosynthèse de créatine est directement dérivée des acides aminés glycines, arginine et méthionine, et elle se produit dans le foie, dans le pancréas, et dans les reins.

Autant vous le dire tout de suite, une supplémentation en créatine ne booste en rein l’anabolisme musculaire ! Cependant, elle peut indirectement lui profiter en vous permettant de réaliser des séances d’entrainement plus intenses, car une telle supplémentation vous permettra de régénérer plus rapidement vos stocks de créatine intramusculaires, et même dans augmenter jusqu’à 20 % la concentration basale.

Une supplémentation de 3 à 5 gr par jour (répartit en 1, 2, ou 3 prises) peut ainsi s’avérer intéressante. Inutile de dépasser un tel dosage car l’organisme rejettera le surplus de créatine absorbée (d’abords par les selles, et ensuite par les urines). Selon certaines études, l’insuline favoriserait la traversée membranaire de la créatine vers le milieu intramusculaire, il serait donc judicieux d’accompagner votre créatine avec un peu de glucides, ceci dans le but de rehausser l’insulinémie.
Il n’est pas très utile d’absorber de la créatine avant un entrainement, car le temps d’assimilation intestinale puis de biodisponibilité sanguine de cette molécule s’avère trop long pour que les cellules musculaires en tirent un bénéfice immédiat.

La collation post-training s’avère en revanche un moment judicieux pour prendre de la créatine : cela permet aux muscles de recompléter leur stock de créatine en quelques heures seulement, ce qui permet à l’athlète d’enchainer sa séance suivante dans un délai relativement court sans risquer de subir une baisse d’énergie musculaire.

A noter qu’il est conseillé de préparer sa mixture au dernier moment, car en présence de liquide la créatine se dégrade vite en créatinine. Côté qualité, choisissez de la créatine monohydratée relativement pure (le label Créapure et un gage de qualité).

A noter enfin que la créatine engendre un peu de rétention hydrique dans le cytoplasme musculaire, à l’instar du glycogène, ce qui peut expliquer la légère hypertrophie accompagnant une cure de créatine (effet qui disparaitra dès la fin de la cure).