LES  PROTEINES

Le Rôle des Cellules Satéllites
Lecture Conseillée
Les cellules satellites musculaires sont originaires des CSE et CSA (cellules souches embryonnaires et adultes) et se positionnent en périphérie des myocytes. Elles interviennent lorsque la cellule musculaire a besoin de réparer une partie de sa structure endommagée : c’est le cas lors d’une blessure, ou suite à un entraînement (en force-résistance notamment) qui a engendré des ruptures mécaniques myofibrillaire. L’environnement musculaire est alors en état de stress, ce qui stimule le réveille de cellules satellites quiescentes (ou dormantes). Ces dernières possèdent un noyau dont l’ADN est faiblement accessible aux facteurs de transcription, et elles n’ont que peu d’organites et aucunes ramifications. Une cellule satellite quiescente se faisant activer va redémarrer sa myogenèse, pour ainsi aller terminer sa maturation (effets des gènes Myf5 et MyoD). Elle va d’abord proliférer, puis se différencier en myoblastes. Ces derniers vont ensuite former des myotubes qui vont se positionner dans les zones lésées, tout en fusionnant avec la structure préexistante (au préalable, les macrophages auront effectué un passage pour nettoyer la zone). Les heures et les jours passants, les myotubes vont se nourrir d’organites, de protéines, et repousser leurs noyaux en périphérie du myocyte, tout ceci afin de se maturer en myofibrilles (sous l'influence du facteur de transcription musculaire MRF4). La fibre musculaire retrouve ainsi sa forme et sa taille d’origine, mais peut également gagner en volume (hypertrophie), si les acteurs de la protéosynthèse sont fréquemment et fortement activés (entraînements intenses répétés), et s’ils ont de quoi travailler (besoins abondants de substrats en tout genre). Dans ce cas, certaines myofibrilles lésées se dédoubleront sous l’effet d’un renfort surabondamment de myotubes (hyperplasie), faisant au final croître la masse musculaire.
Edition spéciale de "Musclemag" (reprise par "Bodyfitness") parue en 1997 pour les 50 ans d’A. Schwarzenegger. Une vraie pépite ! Près de 200 pages consacrées à une description détaillée faite par Arnold lui-même sur ses méthodes et astuces d’entrainement.
Au fur et à mesure que les cellules satellites sont utilisées, l’organisme en resynthétise d’autres pour les remplacer. La pratique d’une activité physique engendre une forte stimulation de ce processus de remplacement, ainsi, un sportif peut posséder (dans ses muscles couramment sollicités) jusqu’à 8 % de cellules satellites parmi l’ensemble de ces myocytes, contre seulement 2 % chez un sédentaire. Avoir davantage de cellules satellites en périphérie de ses myocytes favorise bien évidemment le processus de régénération, et aide au développement musculaire (si l’entraînement et l’alimentation choisis si prêtes). Cependant, l’enchaînement de séances d’entraînements impliquant une croissance de la masse musculaire, vont rendre au fil du temps les cellules satellites réfractaires à remplir leur mission. Ceci explique pourquoi la progression d’un athlète s’avère de plus de plus difficile avec le temps, et pourquoi des phases "paliers" s’installent. La stagnation sera d’autant plus marquée si les lésions opérées restent du même type et du même degré, car les myocytes ont la capacité de s’habituer à un effort identique répété, prédisposant leurs myofibrilles à en supporter les contraintes. Par conséquence, les dommages structuraux seront faibles, et le stress occasionné restera mineur : les cellules satellites du myocyte seront donc peu sollicitées, la protéosynthèse de base suffira à réparer les éventuelles lésions. Un entraînement routinier est donc l’ennemi de la surcompensation ou de l’hyperplasie. La seule solution pour passer ces paliers de stagnation : des séances d’entraînement aux exercices et aux intensités de travail différenciés, c’est ce qu’on appelle le "turn-over training", ou la "confusion musculaire".

A noter qu’en prenant de l’âge, le processus de renouvellement du stock de cellules satellites baisse en efficacité, et la vitesse de prolifération de ces cellules ralentie : elle sera 15 % moins rapide à 30 ans qu’elle ne l’était à 20 ans, mais elle baissera peu par la suite. L’amyotrophie du vieillissement (fonte de la masse musculaire) emporte en moyenne 5 % du total corporel musculaire par décennie, à partir de 40 ans. Cependant, bien qu’inéluctable, cette amyotrophie peut rester très limitée lorsque l’hygiène de vie demeure respectable : alimentation saine et suffisamment protéinée, activité physique…

Le Dopage : dégâts irréversibles sur les capacités régénératives des cellules satellites
Les produits stimulant l’anabolisme musculaire sont fortement préjudiciables sur le moyen et le long terme en ce qui concerne les capacités de régénération cellulaire. En effet, ces substances dopantes sur-sollicitent le cycle de vie des cellules satellites et des processus régénératifs, une telle mobilisation ne suivant pas un cycle naturel leur sera hautement nuisible. Années après années, l’athlète dopé présentera une vitesse de prolifération moins rapide de ses cellules satellites, ainsi qu’une concentration moins élevée de ces cellules en périphérie de ses myocytes, due à la perte d’efficacité irréversible de leur processus de renouvellement. Etant moins nombreuses, ces cellules devront accomplir une charge de travail inappropriée, réduisant davantage encore leur présence sur le myocyte concerné. Les dégâts structuraux seront par conséquence moins rapidement réparés, empêchant ainsi l’athlète d’enchaîner les séances d’entraînement, au risque de se blesser gravement (et pas seulement au niveau musculaire, mais aussi au niveau tendineux et ligamentaire). Un système régénérateur diminué rend toute progression impossible. Notre capital génétique nous dote à la naissance d’une certaine capacité quantitative à resynthétiser des cellules satellites tout au long de notre vie. Le dopage ne fera qu’épuiser plus rapidement ce capital, dont la perte est irréversible.