LES  PROTEINES

Protéosynthèse et Protéolyse - Introduction
Lecture Conseillée
La protéosynthèse (ou "anabolisme protéique") et la protéolyse (ou "catabolisme protéique") sont des processus se déroulant simultanément et constamment dans nos cellules, cela s’appelle le "turnover protéique". Une protéolyse plus active qu’une protéosynthèse engendrera une diminution de la masse protéique corporelle, mais cette dernière sera en revanche à la hausse avec une protéosynthèse dominant la protéolyse.

Chaque type de protéine possède un cycle de vie plus ou moins long, conférant à nos cellules un besoin plus ou moins important d’aminoacides libres à leur disposition (par exemple, les protéines hépatiques ont un cycle de vie plus court que les protéines musculaires). En moyenne, l’organisme d’un homme sédentaire de taille et de corpulence moyenne (1.78 m pour 75 kg) dégrade puis resynthétise 300 gr de protéines / jour, dont 20 % concerne la masse musculaire totale (16 % pour les muscles squelettiques et 4 % pour les autres muscles), 15 % la peau, 15 % le système digestif, et 10 % le foie (il s’agit là des postes les plus importants).

La protéosynthèse se nourrit du pool d’acides aminés protéinogènes libres présents dans notre organisme : 1,24 gr / kg de poids de corps (moyenne observée chez un sédentaire de corpulence moyenne). 80 % de ces aminoacides sont localisés dans les cellules musculaires squelettiques, 18 % dans le reste des cellules de l’organisme (principalement celles du foie), et enfin 1 à 2 % dans le sang. Via la dégradation des protéines, la protéolyse alimente fortement le pool d’acides aminés protéinogènes libres, puisque que 75 % des acides aminés issus de la protéolyse sont réutilisés pour la protéosynthèse. Le quart manquant est comblé par notre alimentation protéique journalière (représentant 16 % du pool d’AA), ainsi que par l’endosynthèse d’aminoacides non-essentiels réalisée par notre organisme (représentant 9 % du pool d’AA).

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Qu’ils proviennent de notre alimentation ou de la protéolyse, 25 % des aminoacides libres présents dans l’organisme sont dégradés chaque jour, ce qui produit de l’azote, du co2, et des squelettes carbonés (pour découvrir le devenir de ces squelettes, lisez l’article "Les inconvénients d'une sur-alimentation protéique"). La différence entre la quantité d’acides aminés oxydés et celle apportée via l’alimentation permet d’établir la balance azotée (ou bilan azote) : celle-ci sera positive dans le cas où l’apport alimentaire d’aminoacides dépassera la quantité d’aminoacides oxydés, et vice-versa.

De sa naissance jusqu’à la fin de sa croissance, l’organisme possède un turnover protéique bien plus rapide que celui d’un adulte, avec de surcroît un avantage quasi-constant pour la protéosynthèse permettant ainsi la croissance du corps. Lors d’une phase de régénération cellulaire faisant suite à une opération ou à une blessure, le cycle protéique est davantage stimulé, et les cellules musculaires peuvent alors rejeter un nombre plus ou moins important d’acides aminés dans la circulation sanguine générale (principalement de l’alanine et de la glutamine) afin que davantage d’aminoacides soient redistribués là où la situation s’avère la plus urgente. A noter qu’une période de jeun est également propice à ce que la protéolyse soit supérieure à la protéosynthèse, les protéines étant cette fois dégradées à des fins énergétiques.
Ce rééquilibrage naturel marche ainsi dans les deux sens, que ce soit dans les muscles ou dans le reste du corps, ainsi l’organisme organisera la distribution d’acides aminés là où la protéosynthèse s’avérera la plus nécessiteuse en matériaux.

A noter que ce phénomène de turnover protéique nécessite beaucoup d’énergie : alors que la protéolyse s’avère très gourmande en ATP, la protéosynthèse l’est encore plus ! Ainsi, outre le fait qu’une insuffisance alimentaire en glucide peut favoriser le catabolisme musculaire (du fait d’une forte sécrétion de cortisol suite à une glycémie trop basse), elle sera également un frein à l’anabolisme : non seulement la protéosynthèse n’aura pas assez de carburant, mais elle manquera de surcroît d’aminoacides à disposition du fait d’une protéolyse fonctionnant au ralenti et ne pouvant par conséquence réalimenter suffisamment rapidement le fameux pool d’acides aminés.