LES  GLUCIDES

La Néoglucogénèse
La Néoglucogenèse est un processus quasi exclusivement hépatique. Excepté quelques étapes, la néoglucogenèse est presque identique au processus inversé de la glycolyse (ces deux processus ont d’ailleurs une appellation d’ensemble appelée cycle de Cori). Le processus complet est initié par du pyruvate qui va pénétrer dans les mitochondries, et où il sera transformé sous l’effet de l’enzyme hépatique pyruvate carboxylase, en oxaloacétate, un produit qui s’avère également être la dernière étape du cycle de Krebs (des produits intermédiaires de ce cycle, comme le malate, l’α-cétoglutarate et le succinyl-CoA, interviendront donc également).

L’oxaloacétate ressort des mitochondries puis devient du phosphoénolpyruvate (PEP) sous l’effet de l’enzyme PEP carboxykinase. Le PEP remontera la chaîne de transformation de la glycolyse, se terminant donc par la transformation du fructose-6-phosphate en G-6-P (effet réversible de l’enzyme glucose-6-phosphate isomérase). Le G-6-P se fera ensuite hydrolyser par l’enzyme hépatique glucose-6-phosphate, afin d’engendrer du glucose. Ce dernier sera alors libéré dans la circulation sanguine générale afin d’y faire remonter la glycémie.

Outre les lactates comme point de départ, la néoglucogenèse est un processus également réalisable à partir d’acides aminés, de glycérols, et de fructose. Plus une hypoglycémie est intense et dure dans le temps, plus cette voie de néoglucogenèse est activée afin de fournir à l’organisme le glucose manquant. Au-delà de 24 h de jeun (sans effort), le glycogène hépatique est épuisé. Le glucose qui sera alors libéré dans le sang par le foie proviendra d’une glucogénèse hépatique, assurée à 45 % par les acides aminés venant des muscles (cela implique du catabolisme), à 30 % par les lactates (issus de la glycolyse cellulaire), et à 25 % par les glycérols (libérés des adipocytes par la lipolyse).

Lecture Conseillée
Edition spéciale de "Musclemag" (reprise par "Bodyfitness") parue en 1997 pour les 50 ans d’A. Schwarzenegger. Une vraie pépite ! Près de 200 pages consacrées à une description détaillée faite par Arnold lui-même sur ses méthodes et astuces d’entrainement.
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Via les lactates : comme je l’ai déjà stipulé un peu plus haut, sous l’effet de l’enzyme LDH, les lactates redeviennent du pyruvate. Ce dernier remontera tout le processus de la néoglucogenèse.

Via les acides aminés glucoformateurs : principalement sous l’effet d’enzymes, les squelettes carbonés (ou α-cétoacides) issus de la dégradation des acides aminés glucoformateurs (tous sauf la leucine et la lysine) vont subir des transformations et devenir l’un des produits suivant, en fonction de l’acide aminé concerné : oxaloacétate, α-cétoglutarate, pyruvate, et succinyl-CoA. Si le pyruvate et l’oxaloacétate s’avèrent être directement des produits intermédiaires de la néoglucogenèse, l’α-cétoglutarate et le succinyl-CoA le sont indirectement, car ils vont entrer dans le cycle de Krebs afin de former du malate, ce dernier se transformera à son tour en oxaloacétate, un produit alimentant la néoglucogenèse.
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Via le glycérol : Sous l’effet de l’enzyme glycérol kinase, un glycérol va être phosphorylé pour devenir un Glycérol-phosphate. Ce dernier va subir le prélèvement d’ions hydrogène par un coenzyme NAD+ (engendrant donc un NADH,H+), devenant ainsi un Dihydroxyacétone-phosphate (effet de l’enzyme glycérol-phosphate déshydrogénase). Le Dihydroxyacétone-phosphate (DHAP) deviendra ensuite du glycéraldéhyde-3-phosphate (effet de l’enzyme triose phosphate isomérase).
A partir de là, l’enzyme aldolase 1 va entraîner le couplage d’un DHAP et d’un glycéraldéhyde-3-phosphate (produits également issus de la dégradation hépatique du fructose) pour former du fructose-1,6-disphosphate (un des derniers produits de la néoglucogenèse), qui deviendra ensuite du fructose 6-phosphate, du G-6-P, puis du glucose.
Si une partie du "néo-glucose" n’est pas sollicitée pour faire remonter la glycémie (dont le niveau serait alors suffisamment élevé), il pourra alimenter des processus gluco-métaboliques au niveau du foie, comme la glycogénogénèse, la glycolyse, et la lipogenèse.